Qu’est-ce qu’est l’économie circulaire ?

L’économie circulaire est un concept apparu dans les années 1970. L’idée est de créer un système économique qui tend à produire et consommer des biens et des services de manière durable et raisonnée en limitant le gaspillage et la production de déchets. Ainsi tout au long de la vie d’un produit, les ressources sont utilisées de manière la plus efficace possible et l’impact sur l’environnement est réduit au maximum (Ademe, Ministère de la Transition écologique).

Il s’agit de passer d’un système économique linéaire – c’est-à-dire extraire les ressources et matières premières, produire et consommer les biens puis les jeter et générer des déchets dont on ne sait que faire – à un modèle circulaire. Tous les acteurs de la société sont concernés par cette nouvelle façon de produire et de consommer, que ce soit les citoyens, les collectivités locales, les entreprises, les gouvernements, les administrations, …

Schéma de l’économie linéaire (Ademe, L’économie circulaire en 10 questions)
Schéma de l’économie circulaire (Ademe, L’économie circulaire en 10 questions)

Quels sont les enjeux de l’économie circulaire ?

Actuellement, nous consommons plus que les ressources naturelles disponibles sur Terre. En 2020, le jour de dépassement de la Terre – c’est-à-dire la date à partir de laquelle les ressources naturelles capables de se régénérer en un an ont toutes été consommées – était le 22 août (Global Footprint Network). Pour le reste de l’année, nous prélevons les ressources dans les stocks des générations futures. Ainsi, il faudrait 1,6 Terre environ pour subvenir aux besoins actuels de l’humanité (WWF) et 2,8 si tout le monde vivait comme les Français.e.s.

Repenser notre système économique serait une réponse aux problématiques actuelles. L’économie circulaire permettrait de :

  • préserver notre environnement et ses ressources
  • lutter contre les GES et donc le réchauffement climatique
  • éviter les tensions et conflits géopolitiques dus à la pénurie et la hausse des prix des matières premières (sable, stocks de poissons, métaux, …)
  • créer de nouveaux emplois durables

Les enjeux de l’économie circulaire sont donc à la fois environnementaux, sociaux et économiques.  

Les 7 piliers de l’économie circulaire

Schéma des 7 piliers de l’économie circulaire répartis dans trois domaines (Ademe)

Pour permettre la transition vers une économie circulaire, il faut, selon l’Ademe, progresser dans les sept domaines suivants :

  • Approvisionnement durable : prendre en compte et limiter au maximum les impacts environnementaux et sociaux de l’extraction et l’exploitation des ressources
  • Ecoconception : prendre en compte, dès sa conception, l’impact environnemental de chaque étape du cycle de vie d’un produit afin de le minimiser (réparation du produit, réemploi des matériaux, …)
  • Ecologie industrielle et territoriale : mutualiser les biens et les services entre les acteurs économiques (flux de matières, d’eau, d’énergie, transport, infrastructures, …) afin d’optimiser l’utilisation des ressources disponibles d’un territoire
  • Economie de la fonctionnalité : privilégier l’usage à la possession, favoriser la vente de service plutôt que de biens
  • Consommation responsable : sensibiliser les acheteurs à prendre en compte les impacts environnementaux et sociaux de l’ensemble du cycle de vie d’un  produit/service lors d’un achat
  • Allongement de la durée d’usage : inciter les consommateurs à recycler, réparer, réutiliser, vendre ou donner
  • Prévention, gestion et recyclage des déchets : réutiliser et recycler les matériaux provenant des déchets et les réinjecter dans le cycle économique

Loi anti-gaspillage pour une économie circulaire

Promulguée le 10 février 2020, la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire a pour objectif de changer drastiquement notre système de production et de consommation dans l’optique de réduire nos déchets et de protéger nos ressources naturelles et le climat. Elle suit 5 grands axes :

  • Sortir du plastique jetable
  • Mieux informer les consommateurs
  • Lutter contre le gaspillage et valoriser le réemploi solidaire
  • Agir contre l’obsolescence programmée
  • Mieux produire 

Sortir du plastique jetable

La loi prévoit de sortir du tout jetable d’ici 2040 et de tendre vers 100 % de plastique recyclé d’ici 2025. Pour atteindre ces objectifs, une série de mesures progressives est prévue :

  • interdiction du tout jetable : vaisselle plastique, coton-tige, pailles, confetti en plastique …
  • interdiction de distribution gratuite de bouteilles plastiques
  • interdiction des films plastiques et des étiquettes plastiques sur les fruits et légumes
  • obligation d’utiliser des emballages et de la vaisselle réutilisables dans la restauration rapide

D’autre part, la loi encourage le vrac et les systèmes de consigne. Ainsi, dès le 1er janvier 2021, il est possible d’apporter son contenant réutilisable propre dans les commerces.

Sortie du plastique à usage unique (Ministère de la Transition écologique)

Mieux informer les consommateurs

Pour changer le comportement des consommateurs, il est nécessaire de mieux les informer de leurs choix. La loi renforce la transparence des informations publiques sur les produits et oblige les entreprises à informer le consommateur de l’impact environnemental et de la durabilité de leurs produits et services. Elle tend aussi à rendre le tri plus efficace en harmonisant les consignes de tri sur l’ensemble du territoire. Il est également prévu de lutter contre le greenwashing en encadrant l’utilisation de termes comme « biodégradable », « respectueux de l’environnement », …

Lutter contre le gaspillage et valoriser le réemploi solidaire

Pour cela, la loi entend :

  • Interdire la destruction des invendus non-alimentaires, en encourageant le don aux associations ou, à défaut, le recyclage
  • Lutter contre le gaspillage alimentaire
  • Créer des fonds dédiés au financement du réemploi et au soutien des ressourceries et acteurs de ce domaine
  • Permettre la vente des médicaments à l’unité
  • Stopper l’impression systématique des tickets de caisse à partir de 2023

Agir contre l’obsolescence programmée

Pour réduire la consommation des ressources et la production de déchets, il est nécessaire d’allonger la durée de vie des produits. La loi prévoit que, lors de l’achat d’un produit, le consommateur soit informé de la disponibilité ou non de pièces détachées et que ces dernières puissent être issues de l’économie circulaire. Afin d’agir contre l’obsolescence programmée, des indices de réparabilité et de durabilité seront mis en place pour les équipements électriques et électroniques. Pour les produits informatiques (ordinateurs, tablettes, téléphones) les consommateurs devront être informés de la durée de compatibilité de leur appareil avec les mises à jour successives puisque ces mises à jour peuvent ralentir ou rendre obsolètes les appareils.

Mieux produire

La loi vient renforcer le principe du pollueur-payeur et la responsabilité des fabricants et distributeurs dans la fin de vie de leurs produits. La loi étend la REP (responsabilité élargie des producteurs) à de nouvelles filières : jouets, cigarettes, équipements sportifs, BTP, voitures, camionnettes, … Les fabricants sont incités à mieux concevoir et mieux produire les biens et à mettre en place des filières de réemploi et de recyclage. Ainsi des bonus seront attribués aux producteurs de biens écologiques et des malus aux producteurs n’intégrant pas l’éco-conception à leurs produits.

Critiques ou manquements à la loi

Cependant les mesures prises par la loi ne sont pas suffisantes pour apporter les changements nécessaires pour contrer la crise climatique. De nombreuses mesures doivent être complétées par des décrets, ce qui peut prendre du temps, retarder la mise en place des mesures ou revoir à la baisse les ambitions initiales.

Concernant la sortie du plastique jetable, la loi ne prévoit aucuns quotas contraignants les entreprises à commercialiser des emballages réutilisables ou des alternatives. Elle ne prévoit pas non plus l’interdiction à court terme des emballages non recyclables et ne fait que déclarer une ambition d’interdire le plastique à usage unique d’ici 2040. Par ailleurs, certains encouragent l’utilisation de plastique à usage unique mettant en avant des arguments tels que l’hygiène ou la sécurité suite à la crise sanitaire.

Selon certaines associations environnementales, la loi ne s’attaque pas « à la racine du problème » que sont la surproduction et la surconsommation. Elle ne fait que traiter les conséquences et non les causes, ce qui est insuffisant pour régler le problème climatique.

Sources